mercredi 19 novembre 2025

« Donald Trump rattrapé par le fantôme de Jeffrey Esptein », l’éditorial de Maud Vergnol.



Elles avaient entre 14 et 17 ans. Huit femmes, toutes victimes du prédateur Jeffrey Epstein, témoignent de leur douleur à visage découvert dans une vidéo devenue virale outre-Atlantique. Elles demandent à « sortir les secrets de l’ombre », alors qu’un des plus gros scandales de pédocriminalité n’en finit pas de hanter le locataire de la Maison-Blanche. Les révélations sur la complicité du président des États-Unis avec le financier pédocriminel pourront-elles ébranler Donald Trump ?

Pour l’instant, ce ne sont pas tant les poursuites judiciaires que l’effritement de sa base politique qui menace le leader des républicains, forcé à une volte-face sur la publication du dossier du délinquant sexuel. De là à le faire vaciller… Sa condamnation pour agression sexuelle, son sexisme crasse, entre propos abjects sur les femmes et autres humiliations publiques, ne l’ont pas empêché de conquérir le pouvoir.

Dans le sillage de MeToo, les déflagrations du scandale Epstein, avec la multiplication des témoignages de ses victimes, ont résonné aux quatre coins du globe. Grâce à la libération de la parole, l’époque où les abus sexuels perpétrés contre des enfants étaient tolérés, voire théorisés comme une manière de vivre libre contre les « moralisateurs » – leur permettant par là même une douillette impunité –, est heureusement révolue. Cette première victoire n’est pas le fruit d’une politique publique en faveur de la protection de l’enfance. C’est celle du mouvement féministe, qui a démontré que loin d’être un problème de « morale » la pédocriminalité est l’expression la plus terrifiante de la violence patriarcale.

Transformer une fillette de 14 ans en jouet sexuel pour un homme puissant n’est pas un acte d’intimité confiné à la sphère privée. C’est un fléau mondial qui nécessite beaucoup plus de sérieux et de volonté politique. À ce titre, la France est en dessous de tout. Les révélations Matzneff, Bétharram ou Le Scouarnec n’y ont rien changé. Faute de moyens humains, les recommandations de la Ciivise restent lettre morte. Pendant ce temps, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année dans notre pays. Un toutes les trois minutes.

 

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