Elles avaient
entre 14 et 17 ans. Huit femmes, toutes victimes du prédateur Jeffrey
Epstein, témoignent de leur douleur à
visage découvert dans une vidéo devenue virale outre-Atlantique. Elles
demandent à « sortir les secrets de l’ombre », alors qu’un des
plus gros scandales de pédocriminalité n’en finit pas de hanter le locataire de
la Maison-Blanche. Les révélations sur la complicité du président
des États-Unis avec le financier pédocriminel pourront-elles ébranler
Donald Trump ?
Pour l’instant,
ce ne sont pas tant les poursuites judiciaires que l’effritement de sa base
politique qui menace le leader des républicains, forcé à une volte-face sur la
publication du dossier du délinquant sexuel. De là à le faire vaciller… Sa
condamnation pour agression sexuelle, son sexisme crasse, entre propos abjects
sur les femmes et autres humiliations publiques, ne l’ont pas empêché de
conquérir le pouvoir.
Dans le sillage
de MeToo, les déflagrations du scandale Epstein, avec la multiplication des
témoignages de ses victimes, ont résonné aux quatre coins du globe. Grâce à la
libération de la parole, l’époque où les abus sexuels perpétrés contre des
enfants étaient tolérés, voire théorisés comme une manière de vivre libre
contre les « moralisateurs » – leur permettant par là même une
douillette impunité –, est heureusement révolue. Cette première victoire n’est
pas le fruit d’une politique publique en faveur de la protection de l’enfance.
C’est celle du mouvement féministe, qui a démontré que loin d’être un problème
de « morale » la pédocriminalité est l’expression la plus terrifiante
de la violence patriarcale.
Transformer
une fillette de 14 ans en jouet sexuel pour un homme puissant n’est
pas un acte d’intimité confiné à la sphère privée. C’est un fléau
mondial qui nécessite beaucoup plus de sérieux et de volonté politique. À ce
titre, la France est en dessous de tout. Les révélations Matzneff, Bétharram ou
Le Scouarnec n’y ont rien changé. Faute de moyens humains, les recommandations
de la Ciivise restent lettre morte. Pendant ce temps, 160 000 enfants sont
victimes de violences sexuelles chaque année dans notre pays. Un toutes les
trois minutes.

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