Pas facile
d’avancer en reculant… C’est pourtant bien le constat qui s’impose à l’ouverture de la COP30. Dix ans après l’accord de Paris, les États ont
échoué à limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à la période
préindustrielle. Entre promesses ajournées, refus de s’attaquer aux principales
causes du réchauffement, absences de contraintes réelles, les COP se suivent et
démultiplient les cadres de négociation sans réussir à accélérer l’action
climatique.
Ce seuil de
1,5 °C n’était pas un totem abstrait. Chaque fraction de degré dépassé
engendrera plus de faim, de surmortalité, de déplacements de populations, de
régression massive de la biodiversité.
Les États
réunis à Belém doivent donc s’atteler à combler le fossé béant entre leurs
faibles actions en faveur du climat et la surchauffe planétaire qui
s’intensifie dangereusement. Sans contraintes ni sanctions, les engagements
pris lors des COP resteront lettre morte. Comme l’a été la promesse des pays
développés de financer à hauteur de 100 milliards de dollars par an
l’adaptation des pays en développement.
Loin d’une
« aumône » injustifiée, comme le prétend l’extrême droite
climatosceptique, ce n’est qu’une mince réparation. Les 10 % les plus
riches sont responsables des deux tiers du réchauffement climatique depuis
1990, et donc de l’augmentation des événements extrêmes, particulièrement dans
les pays les plus vulnérables. Lesquels ont besoin de moyens colossaux pour
faire face à une crise climatique qu’ils n’ont pas causée et s’adapter à ses
impacts dévastateurs. Plus cynique encore, cet argent, quand il existe,
prend souvent la forme de prêts. Les pays en développement remboursent
désormais davantage aux pays riches qu’ils ne reçoivent de financements.
Le capitalisme
est insoutenable pour la planète. Tant que l’accumulation privée restera le
moteur du monde, la transition écologique sera confisquée, transformée en
marché. Seule bonne nouvelle à l’ouverture de cette COP : le retour de la
société civile. Après trois sommets successifs organisés sous l’égide de
régimes autoritaires, le Brésil de Lula accueille parallèlement le sommet des
peuples. Les seuls à pouvoir bousculer une inaction climatique criminelle.

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