lundi 10 novembre 2025

« COP30 : inaction coupable », l’éditorial de Maud Vergnol.



Pas facile d’avancer en reculant… C’est pourtant bien le constat qui s’impose à l’ouverture de la COP30. Dix ans après l’accord de Paris, les États ont échoué à limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à la période préindustrielle. Entre promesses ajournées, refus de s’attaquer aux principales causes du réchauffement, absences de contraintes réelles, les COP se suivent et démultiplient les cadres de négociation sans réussir à accélérer l’action climatique.

Ce seuil de 1,5 °C n’était pas un totem abstrait. Chaque fraction de degré dépassé engendrera plus de faim, de surmortalité, de déplacements de populations, de régression massive de la biodiversité.

Les États réunis à Belém doivent donc s’atteler à combler le fossé béant entre leurs faibles actions en faveur du climat et la surchauffe planétaire qui s’intensifie dangereusement. Sans contraintes ni sanctions, les engagements pris lors des COP resteront lettre morte. Comme l’a été la promesse des pays développés de financer à hauteur de 100 milliards de dollars par an l’adaptation des pays en développement.

Loin d’une « aumône » injustifiée, comme le prétend l’extrême droite climatosceptique, ce n’est qu’une mince réparation. Les 10 % les plus riches sont responsables des deux tiers du réchauffement climatique depuis 1990, et donc de l’augmentation des événements extrêmes, particulièrement dans les pays les plus vulnérables. Lesquels ont besoin de moyens colossaux pour faire face à une crise climatique qu’ils n’ont pas causée et s’adapter à ses impacts dévastateurs. Plus cynique encore, cet argent, quand il existe, prend souvent la forme de prêts. Les pays en développement remboursent désormais davantage aux pays riches qu’ils ne reçoivent de financements.

Le capitalisme est insoutenable pour la planète. Tant que l’accumulation privée restera le moteur du monde, la transition écologique sera confisquée, transformée en marché. Seule bonne nouvelle à l’ouverture de cette COP : le retour de la société civile. Après trois sommets successifs organisés sous l’égide de régimes autoritaires, le Brésil de Lula accueille parallèlement le sommet des peuples. Les seuls à pouvoir bousculer une inaction climatique criminelle.

 

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