Les débats et les votes sur le budget à
l’Assemblée nationale agissent comme un révélateur politique. La
photo développée montre avec netteté un paysage terriblement dangereux. La bourgeoisie a fait son choix,
et c’est celui de l’extrême droite. L’adoption dans l’Hémicycle d’une
proposition de loi présentée par le RN (Rassemblement national) a pour
conséquence de valider l’une de ses thèses les plus racistes, celle d’un
« problème arabe », et particulièrement algérien.
Nous parlons
d’un parti dont des candidats avaient pour slogan électoral « Donnons
un avenir aux enfants blancs » ! Que la droite dite
« républicaine » et une partie du « bloc central »
macroniste votent un texte lepéniste contre l’immigration démontre que la lutte
contre le racisme n’est décidément pas leur problème.
Au contraire,
cela devient même politiquement acceptable de désigner les étrangers, et plus largement les personnes
d’origine arabe et les musulmans, français ou non, comme la cause principale
des problèmes de notre pays. Il exhale de ce scrutin honteux un
parfum de lâcheté et de trahison qui rappelle le vote des pleins pouvoirs à
Pétain, et qui salira pour longtemps la réputation de ceux qui l’ont rendu
possible.
Dans le même
temps, le rejet par les mêmes de tout
dispositif de taxation des privilégiés fait, une fois de plus, la
démonstration d’un fait historique : l’allégeance de l’extrême droite aux
desiderata des ultra-riches. Le gouvernement peut bien courir le risque de se
faire censurer plutôt que de déplaire à la bourgeoisie, celle-ci sait qu’elle
peut compter sur « l’alternative » RN pour la défense de ses
intérêts. Cette concrétisation de l’union des droites de l’extrême centre
jusqu’à l’extrême droite préjuge de l’avenir.
Le parti de
l’argent a décidé d’offrir aux thèses fascistes le point d’appui et le levier
qui leur manquaient pour faire sauter le couvercle qui les maintenait
minoritaires. Dans cette situation, la responsabilité des forces de gauche et
écologistes est immense.
Peut-être
devraient-elles tourner le regard vers ce qu’il se passe outre-Atlantique, où
un candidat démocrate et surtout socialiste pourrait gagner la mairie de New
York dans une Amérique sous joug trumpiste.
Non comme un modèle, mais comme une source d’espoir, d’inspiration et
d’intelligence.

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