Il n’y avait
pas grand-chose à en attendre. Sans surprise, la « mission flash » de
48 heures menée par Sébastien Lecornu n’a pas apporté de solution miracle
à la crise politique dans laquelle Emmanuel Macron a plongé le pays. Ni donné
d’indice sur l’identité du prochain locataire de Matignon – la patate chaude
est renvoyée au chef de l’État. Mais le premier ministre démissionnaire a,
néanmoins, énuméré les futurs sujets qui fâchent. Et parmi eux, la réforme des
retraites. « Il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu »,
a concédé Sébastien Lecornu, au grand dam de la droite et des milieux
patronaux. Il était temps.
Rien d’étonnant
à ce que la réforme des retraites soit, aujourd’hui, au cœur de toutes les
négociations. Elle demeure une profonde ligne de fracture politique. Mais pas
seulement. Elle est aussi l’emblème de la présidence jupitérienne d’Emmanuel
Macron : un texte technocratique, élaboré sans concertation, destiné avant
tout à satisfaire les marchés financiers sur la maîtrise des dépenses
publiques, le tout adopté par 49.3 au mépris de la représentation nationale, de
millions de manifestants et d’une opinion publique largement hostile… Un
condensé d’arrogance antidémocratique et antisociale. Une rupture entre la
minorité de la France « d’en haut » et la majorité de la France
« d’en bas ».
Voir
aujourd’hui ce totem macroniste vaciller sur ses fondations est une victoire
pour la gauche et les organisations syndicales. La démonstration que l’on ne
dirige pas un pays contre lui-même. Désormais, quelle que soit la décision du
chef de l’État dans les heures ou les jours qui viennent, une évidence
s’impose : aucun exécutif ne pourra espérer apaiser la crise sociale et
politique sans suspendre ou abroger cette réforme ni prendre en compte les
attentes réitérées par les Français en matière de justice fiscale, de pouvoir
d’achat et de contrôle des aides publiques aux entreprises. Toute autre option
reviendra à prolonger l’impasse d’une Macronie à l’agonie. Et le déni
démocratique sur lequel elle tente de survivre depuis bien trop longtemps.
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