Donald Trump ne
partage pas seulement la mégalomanie de
Theodore Roosevelt. Il a également
fait sienne la politique du « gros bâton » de son
prédécesseur, bras armé de la doctrine Monroe, selon laquelle les États-Unis
sont libres d’intervenir militairement dans l’hémisphère sud s’ils estiment que
leurs intérêts sont en danger.
Cette posture
hégémonique a longtemps réduit les pays latino-américains à un pré carré
asservi, doté d’immenses richesses naturelles que Washington a pillé en toute
impunité.
Le chef de la
Maison-Blanche rejoue cette funeste partition de barbouzeries et de coups
d’État. Les bombardements au large du Venezuela contre des embarcations
prétendument liées au narcotrafic – mais sans l’ombre d’une preuve – font
craindre une possible intervention directe contre le président Nicolas
Maduro.
Mais pas
seulement. Depuis sa prise de fonction, Donald Trump multiplie les attaques
contre le Mexique, le Brésil, le Nicaragua… Ne parlons même pas de Cuba,
soumise à un blocus illégal et à une batterie de rétorsions économiques d’une
rare violence. Le président colombien Gustavo Petro, qui n’a pas mâché ses mots
pour dénoncer les opérations militaires dans la Caraïbe, est désormais accusé
par Trump d’être un narcotrafiquant.
Il faut lire
entre les lignes. Derrière la grossièreté du magnat de l’immobilier, les
objectifs sont clairs : reprendre pied sur le continent, isoler, voire
renverser les gouvernements de gauche qui se sont émancipés de la tutelle de
Washington. Aux avant-postes de cette reprise en main, on trouve le secrétaire
d’État, Marco Rubio, dangereux
faucon et anticastriste zélé, qui a fait du
sous-continent les terres de sa croisade illibérale.
Le boycott du
prochain sommet de l’Organisation des États américains annoncé par Mexico et
Bogota est une réponse polie mais ferme aux déclarations de guerre de
l’administration états-unienne.
L’Amérique latine
n’a pas besoin d’un nouveau plan Condor, a rappelé à sa manière l’ancien
président colombien Ernesto Samper. Cette internationale de la terreur avait
assassiné à tour de bras démocrates et progressistes. Sinistre mémoire.

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