dimanche 28 septembre 2025

« Nicolas Sarkozy n’est ni une victime, ni une exception », l’éditorial de Cathy Dos Santos.

 


Insultes, harcèlements, menaces… La sentence prononcée à l’encontre de Nicolas Sarkozy donne lieu à de violentes charges contre les magistrats, comme ce fut déjà le cas lors de la condamnation de Marine Le Pen. Pour la seconde fois en moins de six mois, le premier président de la Cour d’appel de Paris a été contraint de mettre en garde contre des attaques « qui portent atteinte à l’institution judiciaire ».

Elles sont le signe d’une inquiétante dérive – dopée par les déclarations des dirigeants de droite et d’extrême droite –, qui vise à disqualifier la justice plutôt que les agissements du condamné. Sur les réseaux sociaux et les plateaux de télévision bollorisés, la suspicion et la haine jettent l’opprobre sur le travail et l’éthique des femmes et hommes de loi.

Cette entreprise abîme l’indépendance de la justice, taxée d’impartialité à des fins politiques. Au bout de cette chaîne d’accusations infondées, c’est la séparation des pouvoirs qui est mise à mal.

Nicolas Sarkozy ne se prive pas de jeter de l’huile sur le feu. « Toutes les limites de l’État de droit ont été violées », a-t-il osé déclarer au journal d’extrême droite du dimanche détenu par son ami, le milliardaire réactionnaire Vincent Bolloré. Qu’importe si le délit d’«association de malfaiteurs », qui vaut à l’ancien locataire de l’Élysée une peine de cinq ans de prison ferme, assortie d’une exécution provisoire, a bel et bien été qualifié et caractérisé par le tribunal.

Les garants de la « tolérance zéro » pour les délits des jeunes des quartiers populaires s’offusquent aujourd’hui de la lourdeur de la peine dont écope Nicolas Sarkozy. Le verdict dit, au contraire, qu’il est justiciable comme n’importe quel autre citoyen, que la délinquance en col blanc tombe, elle aussi, sous le coup de la loi.

Quant aux polémiques sur l’exécution provisoire, si le débat doit avoir lieu, qu’il se tienne dans les instances adéquates, mais sans double langage ni favoritisme de classe. Car les chiffres sont sans appel : 85 % des peines supérieures ou égales à cinq ans de prison sont assorties d’une exécution provisoire. Nicolas Sarkozy, qui déclarait en son temps que « la non-exécution des peines, c’est l’impunité », n’est ni une victime, ni une exception.

 

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