Insultes,
harcèlements, menaces… La sentence prononcée à
l’encontre de Nicolas Sarkozy donne lieu à de violentes charges contre les magistrats, comme ce fut déjà
le cas lors de la condamnation de Marine Le Pen. Pour la seconde fois en
moins de six mois, le premier président de la Cour d’appel de Paris a été
contraint de mettre en garde contre des attaques « qui portent atteinte
à l’institution judiciaire ».
Elles sont le signe d’une
inquiétante dérive – dopée par les déclarations des dirigeants de droite et
d’extrême droite –, qui vise à disqualifier la justice plutôt que les
agissements du condamné. Sur les réseaux sociaux et les plateaux de télévision
bollorisés, la suspicion et la haine jettent l’opprobre sur le travail et
l’éthique des femmes et hommes de loi.
Cette
entreprise abîme l’indépendance de la justice, taxée d’impartialité à des fins
politiques. Au bout de cette chaîne d’accusations infondées, c’est la
séparation des pouvoirs qui est mise à mal.
Nicolas Sarkozy ne se
prive pas de jeter de l’huile sur le feu. « Toutes les limites de l’État de droit ont été violées »,
a-t-il osé déclarer au journal d’extrême droite du dimanche détenu par son ami, le
milliardaire réactionnaire Vincent Bolloré. Qu’importe si le délit d’«association de malfaiteurs », qui vaut à
l’ancien locataire de l’Élysée une peine de cinq ans de prison ferme, assortie
d’une exécution provisoire, a bel et bien été qualifié et caractérisé par le
tribunal.
Les garants de
la « tolérance zéro » pour les délits des jeunes des quartiers
populaires s’offusquent aujourd’hui de la lourdeur de la peine dont écope
Nicolas Sarkozy. Le verdict dit, au contraire, qu’il est justiciable comme
n’importe quel autre citoyen, que la délinquance en col blanc tombe, elle
aussi, sous le coup de la loi.
Quant aux
polémiques sur l’exécution provisoire, si le débat doit avoir lieu, qu’il se
tienne dans les instances adéquates, mais sans double langage ni favoritisme de
classe. Car les chiffres sont sans appel : 85 % des peines
supérieures ou égales à cinq ans de prison sont assorties d’une exécution
provisoire. Nicolas
Sarkozy, qui déclarait en son temps que « la non-exécution des
peines, c’est l’impunité », n’est ni une victime, ni une exception.

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