Il
faudrait, il faudrait, il faudrait tant de choses pour que les mots d’hier
retombent dans l’oubli, Pour que les champs d’ivraie deviennent champs de
roses, que des perles d’amour accompagnent la pluie. Il faudrait que des mains
retrouvent une épaule, que des yeux dans des yeux se replongent soudain, que
cet oiseau qui meurt sous la branche du saule retrouve sa chanson dans un
nouveau matin. Il faudrait que s’écrive un merveilleux poème qui chanterait la
vie et oublierait le temps, que des vers enchanteurs soient graines que l’on
sème, qui s’en iront fleurir les prairies des grands vents. Il faudrait que
demain ne garde pas la trace de ce qui fut hier qui nous a fait souffrir, que
vienne un magicien qui brusquement efface, les plaintes, les rancœurs, les
envies de mourir. Mais tout ce qu’il faudrait je n’ai guère la force de le
coucher ici dans le lit de mes mots. Je grave maladroit l’espoir sur une
écorce, modeste plaidoyer, dérisoire drapeau.
lundi 4 août 2025
IL FAUDRAIT…
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