Elle tourne à
plein régime, l’entreprise de destruction massive conduite par Donald Trump.
Mais ce week-end, les attaques inédites de la nouvelle administration
états-unienne contre les libertés académiques ont fait face à un mur
international de protestation.
Le mouvement Stand Up for Science a
essaimé partout dans le monde, faisant sortir de leurs laboratoires et de leurs universités des
centaines de milliers de chercheurs au cri de « Science will not be
silenced », « La science ne sera pas réduite au silence ». Les
scientifiques ne s’y sont pas trompés. Derrière ce que Trump et ses séides
entendent faire passer pour de simples coupes budgétaires à mettre au crédit d’économies de « bon
sens », se dissimulent – bien mal – les visées idéologiques du président
des États-Unis.
Mettre la
science à genoux, c’est attaquer l’un des plus solides garde-fous contre
l’obscurantisme. Trump est en guerre contre le savoir. Celui qui permet
d’approcher une vérité objective, débarrassée des oripeaux de la croyance.
Celui qui fait avancer l’émancipation collective, le progrès.
Par la force et
sans manière, promettant la prison ou l’expulsion des chercheurs en cas de
mobilisation sur les campus, le locataire de la Maison-Blanche a décrété l’abandon de pans
entiers de la recherche fondamentale aux États-Unis, licencié en masse dans les agences fédérales de
protection de l’environnement, fait disparaître des milliers de données sur le
réchauffement climatique, banni les mots « femmes »,
« antiracisme », « LGBT », « justice sociale » et
tant d’autres de la liste des recherches éligibles aux subventions publiques.
L’ampleur et la
vitesse de la fascisation de la politique gouvernementale états-unienne
dépassent l’urgence nationale. Réduire au silence les scientifiques
outre-Atlantique menace les collaborations internationales, le partage des
données, l’élaboration d’études coordonnées. Trump, comme tous les autocrates,
rêve du triomphe de l’à-peu-près, des faits alternatifs, du ressenti, du coup
de force permanent et de la manipulation de masse. Certes, l’histoire leur a
systématiquement donné tort. Mais à quel prix ?

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