vendredi 7 mars 2025

« 8-Mars : le collectif Némésis, « fémonationaliste » et ennemie des femmes », l’éditorial de Maud Vergnol dans l’Humanité.

 


Elles ont choisi le nom de la déesse grecque de la vengeance et se sont fait connaître par des coups d’éclat médiatiques. Le collectif Némésis, dont les membres sont des promotrices zélées de l’ultradroite raciste, a pris l’habitude de saboter les manifestations progressistes avec des slogans xénophobes. Créée en 2019, cette organisation, loin d’être un mouvement de masse, exerce pourtant une capacité de nuisance réelle.

Ses actions s’inscrivent dans une stratégie mondiale de ce que la chercheuse Sara R. Farris nomme le « fémonationalisme », pour décrire l’instrumentalisation des aspirations féministes par l’extrême droite à des fins xénophobes. Dans la déclinaison hexagonale, les femmes seraient ainsi victimes de « francocides », nouveau concept nauséabond des promoteurs de la « guerre des civilisations ».

Cette offensive révèle la puissance de la vague féministe, à laquelle l’extrême droite n’essaye plus de résister, mais tente d’instrumentaliser, en « racialisant le sexisme ». La sécurité des femmes – occidentales – serait menacée par les musulmans et autres « barbares ». Ce discours, d’une bêtise abyssale, ne résiste pas aux faits : 90 % des femmes victimes de violence connaissent leurs agresseurs, lesquels existent dans toutes les sphères de la société, dans tous les milieux. 

Mais qu’importe la réalité, pourvu qu’ils aient l’ivresse de la haine. L’extrême droite est, et sera toujours, l’ennemie des femmes. Partout où elle est au pouvoir, nos droits reculent. IVG, éducation sexuelle, égalité salariale, lutte contre les VSS… En France, les élus RN s’opposent systématiquement à tout ce qui peut contribuer à l’émancipation des femmes.

Ce 8 mars, Némésis, dont Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, a « salué le combat », a annoncé sa volonté de « défiler » au sein de la manifestation féministe parisienne. Une provocation indécente et dangereuse. En 2024, lors de la marche du collectif NousToutes, les militantes suprémacistes avaient pu manifester encadrées par leurs nervis et la police française. Le pouvoir macroniste a fait un choix.

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