Elles ont
choisi le nom de la déesse grecque de la vengeance et se sont fait connaître
par des coups d’éclat médiatiques. Le collectif Némésis, dont les membres sont des promotrices zélées de
l’ultradroite raciste, a pris l’habitude de saboter les manifestations
progressistes avec des slogans xénophobes. Créée en 2019, cette organisation,
loin d’être un mouvement de masse, exerce pourtant une capacité de nuisance
réelle.
Ses actions
s’inscrivent dans une stratégie mondiale de ce que la chercheuse Sara R. Farris
nomme le « fémonationalisme », pour décrire l’instrumentalisation des
aspirations féministes par l’extrême droite à des fins xénophobes. Dans la
déclinaison hexagonale, les femmes seraient ainsi victimes de
« francocides », nouveau concept nauséabond des promoteurs de la
« guerre des civilisations ».
Cette offensive
révèle la puissance de la vague féministe, à laquelle l’extrême droite n’essaye
plus de résister, mais tente d’instrumentaliser, en « racialisant le
sexisme ». La sécurité des femmes – occidentales – serait menacée par les
musulmans et autres « barbares ». Ce discours, d’une bêtise abyssale,
ne résiste pas aux faits : 90 % des femmes victimes de violence
connaissent leurs agresseurs, lesquels existent dans toutes les sphères de la
société, dans tous les milieux.
Mais qu’importe
la réalité, pourvu qu’ils aient l’ivresse de la haine. L’extrême droite est, et
sera toujours, l’ennemie des femmes. Partout où elle est au pouvoir, nos droits
reculent. IVG, éducation sexuelle, égalité salariale, lutte contre les VSS… En
France, les élus RN s’opposent systématiquement à tout ce qui peut contribuer à
l’émancipation des femmes.
Ce 8 mars,
Némésis, dont Bruno Retailleau,
ministre de l’Intérieur, a « salué le combat », a annoncé sa volonté de « défiler »
au sein de la manifestation féministe parisienne. Une provocation indécente et
dangereuse. En 2024, lors de la marche du collectif NousToutes, les militantes
suprémacistes avaient pu manifester encadrées par leurs nervis et la police
française. Le pouvoir macroniste a fait un choix.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire