Eugène Delacroix, dont on sait qu’il a peint La liberté guidant le
peuple, disait que, lorsque la peinture sombrait dans le maniérisme, le
recours, c’était le réel. Face aux tactiques politiciennes baroques d’Emmanuel
Macron, le réel, aujourd’hui, c’est le mouvement social et, d’une certaine
manière, le peuple, en tout cas le monde du travail. La vraie question posée
par la crise actuelle n’est pas celle des accommodements entre amis-ennemis que
le président s’efforce de mettre en place à la seule fin de durer et de
poursuivre sa politique au service de la finance et du CAC 40. C’est celle des
réponses nécessaires à apporter à l’urgence sociale. C’est le socle commun aux
organisations syndicales, qui appellent à l’action aujourd’hui.
Retraites, avec l’exigence de l’abrogation de la réforme toujours portée
par la gauche et les syndicats. Salaires, fonction publique et suppressions de
postes, moyens des collectivités territoriales poussées à l’austérité dans tous
leurs domaines de compétences, licenciements et plans sociaux… La CGT en compte
aujourd’hui plus de 300, avec 200 000 à 300 000 emplois. Il faut
les stopper et exiger le remboursement des aides publiques accordées aux
entreprises concernées.
La Confédération européenne des syndicats vient d’adopter la revendication
d’un moratoire sur ces plans, exigé aujourd’hui dans plus de 80 rassemblements.
On imagine bien que la droite et la mouvance présidentielle vont tout faire
pour n’y voir que des vaines protestations, feignant d’ignorer les propositions
de la gauche aussi bien que des syndicats et du mouvement social.
La taxation des grandes entreprises, des plus riches, n’est pas une lubie
irréaliste, l’extension des droits des travailleurs ne relève pas de l’utopie,
la remise en cause de la politique de l’offre et de la théorie du
« ruissellement » qui l’accompagnait doit céder la place aux réponses
aux besoins sociaux. Rien de la crise actuelle ne sera résolu autrement.
Emmanuel Macron veut à tout prix contourner le réel. Jusqu’à quand ? Au
mouvement social de lui faire entendre que cela n’a que trop duré.

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