Capitalisme et démocratie seraient synonymes. C’est l’histoire que l’on
nous raconte depuis des générations. La concurrence et le taux de profit
seraient les gardiens vigilants du droit de vote ; les dividendes et les
marges, ceux du pluralisme ; la propriété, un droit inaltérable, et les
inégalités, une loi naturelle.
Si le libéralisme économique a un temps été associé au libéralisme
politique, force est de constater que, aujourd’hui, la démocratie est devenue
pour le capital un obstacle à contourner, voire à enfoncer. Cela conduit dans
certains pays à un genre de national-capitalisme autoritaire qui fait de
l’éviction des libertés fondamentales une condition d’efficacité de l’économie.
Mais partout, la mission assignée au politique est de fournir l’environnement
le plus propice aux affaires.
En France, l’épisode de la censure du gouvernement Barnier en est une illustration quasi
caricaturale. Durant des jours, patrons et actionnaires se sont succédé sur
toutes les antennes pour expliquer au nom du besoin de « stabilité »
que la censure serait « irresponsable ». Que ce gouvernement mène une
politique rejetée par la majorité des Français ne compte pas pour « ces
gens-là ».
Il leur importe surtout que les orientations politiques et économiques du
pays soient à leur avantage exclusif. La stabilité dont ils parlent n’est autre
que la poursuite de l’austérité, la réduction toujours plus importante de la
rémunération du travail, la compression des recettes fiscales, le rognage du
périmètre d’intervention de l’État. Pour constater à l’arrivée que les services
rendus se dégradent, et expliquer qu’il vaut mieux les transférer « au
marché ».
Depuis la dissolution, le président de la République a tout fait pour que
rien, même la volonté populaire, ne puisse gêner les intérêts capitalistes
qu’il sert. Il entend bien continuer. C’est la condition pour que ces intérêts
le maintiennent au pouvoir. Pour contrecarrer ce coup de force, les forces
du Nouveau Front populaire, sans forcément avoir toute la même stratégie,
doivent continuer à cultiver ensemble cet espoir de pouvoir vivre mieux qui a
éclos au printemps dernier.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire