Tout le projet de Le Pen et Bardella tient dans une équation aussi simple
que trompeuse, dans un raisonnement aux prémisses contrefaites. Il suffirait,
serine l’extrême droite depuis des décennies, de se débarrasser des immigrés et
même des binationaux, de réserver aux « vrais » Français les emplois
qu’ils occupent pour résorber le chômage, extirper le pays de la crise sociale.
Cette promesse est une escroquerie intellectuelle et politique. Si elle venait
à s’appliquer, elle plongerait le pays dans le désastre.
D’après une étude de la Dares publiée en 2021, ce sont les immigrés qui, en
France, assument la plupart des tâches contraignantes dans les
professions « liées à des contraintes physiques, des limitations
physiques, des contraintes de rythme, du travail répétitif, des périodes de
travail durant les jours non ouvrables ou en dehors des plages de travail
habituelles et à un morcellement des journées de travail ».
Ils sont surreprésentés dans les métiers en tension, où les employeurs
peinent à recruter par manque de main-d’œuvre disponible, comme dans
l’hôtellerie-restauration, le bâtiment, les métiers de la sécurité. « Plus
les conditions de travail sont difficiles, plus la tension de recrutement est
élevée et plus forte est la probabilité que l’emploi soit occupé par un
immigré », souligne cette étude.
Un actif sur dix en France est un immigré. Ils et elles forment le gros des
troupes des travailleurs et des travailleuses essentiels payés au lance-pierre
qui s’échinent aux caisses des supermarchés, dans les écoles, sur les chantiers
sous la neige ou la canicule, dans les métiers ouvriers, dans les
arrière-cuisines des restaurants, sur les chaînes de collecte et de tri des
déchets, dans les hôpitaux, les Ehpad et, au petit matin, dans les bureaux à
tenir propres.
Le RN veut rendre la vie impossible à cette France qui se lève tôt, à ces
travailleurs et travailleuses qui portent le pays à bout de bras. Sans eux,
sans elles, pourtant, l’économie sombrerait, la vie sociale s’effondrerait.
L’équation de l’extrême droite ne tient pas debout. Son projet, c’est
l’infamie, le désordre, la faillite.

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