dimanche 15 février 2026

« Mort de Quentin D. à Lyon : refuser que la violence dicte sa loi », l’éditorial de Rosa Moussaoui.



La mort de Quentin, un étudiant de 23 ans passé à tabac jeudi après-midi dans le 7e arrondissement de Lyon, est inexcusable. Les images filmées par un riverain rue Victor-Lagrange laissent entrevoir, au cours des affrontements survenus entre antifascistes et militants d’extrême droite, un déchaînement de violence odieux – des personnes à terre, rouées de coups, un corps inanimé abandonné sur le bitume.

Le militant identitaire a été pris en charge par les secours vers 19 h 40, à 1,5 kilomètre de là, dans le 5e arrondissement. Loin, donc, de la conférence donnée à Sciences-Po par Rima Hassan. L’enquête ouverte par le parquet pour coups mortels aggravés devra établir les responsabilités, faire toute la lumière sur les circonstances, la chronologie et la géographie de ce drame.

Dans l’attente de ses conclusions, une pensée s’impose : aucune vie ne mérite d’être ainsi brutalement interrompue. L’indispensable combat contre les idées de haine propagées par les forces fascistes n’autorise en rien la mise à mort d’un jeune homme. 

Et l’affrontement politique avec l’extrême droite implique une rupture sans ambiguïté avec sa rhétorique de guerre civile, sa logique d’escalade, ses penchants virilistes, ses méthodes criminelles qui, dans la plus grande indifférence, ont coûté la vie à au moins 11 personnes depuis 2022 – des meurtres à caractère raciste, pour l’essentiel. Son projet, c’est la loi du plus fort. Ses mots creusent des sillons : la mort s’y engouffre comme l’eau à la saison des crues. La combattre, tenir le fil de l’égalité, c’est refuser que la violence dicte sa loi.

La mort de Quentin donne lieu, sans surprise, à une cynique exploitation politique. De Marine Le Pen à Gérald Darmanin, on instruit déjà le procès de « l’ultragauche assassine ». Leur but : parachever la banalisation de l’extrême droite en désignant à la vindicte toutes celles, tous ceux qui lui résistent. Empêcher que ce piège ne se referme commande de refuser les voies sans issue. Seul un mouvement ample, populaire, organisé peut aujourd’hui faire refluer les courants identitaires, ultranationalistes et xénophobes prêts à mettre le feu au pays pour s’emparer du pouvoir.

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

HIVER !

L’hiver envahi les lieux avec le froid et le tonnerre, les oiseaux se cachent sous la terne lueur lunaire qui n’entend plus leur doux et a...