Passé la
violence, il en restera toujours le sale goût. Un jeune militant
d’extrême droite, ultranationaliste et traditionaliste, est
mort samedi, après avoir été roué de coups, dans un
déchaînement de fureur inouï. Dévoilé par le procureur de Lyon,
Thierry Dran, ce lundi, le rapport d’autopsie atteste que Quentin Deranque,
frappé à de nombreuses reprises par « six individus », est mort d’un « traumatisme crânien majeur ». Une
enquête criminelle pour homicide volontaire a été ouverte. Voilà
les faits. Les auteurs n’ont pas été identifiés et aucune
interpellation n’a eu lieu à ce stade. Encore les faits.
Face à une
telle tragédie, le sens de la responsabilité politique exige de
prendre de la hauteur. De battre en brèche les appels à la vengeance,
de laisser à la justice le soin d’établir les responsabilités,
de proscrire la récupération, l’anathème,
l’amalgame pernicieux. La Macronie, pourtant, a choisi
une tout autre stratégie, poussée dans le dos par le
vent de l’opportunisme électoral.
Sans même
attendre la prise de parole du procureur, Maud Bregeon, porte-parole du
gouvernement, dénonçait lundi la « responsabilité morale de La France insoumise », coupable, selon elle, d’avoir « fait élire un député membre de la
Jeune Garde ». Et de conclure : « On a tous une
responsabilité lorsqu’on glisse un bulletin La France insoumise dans
l’urne. » L’objectif est clair et la ficelle un peu grosse :
disqualifier la gauche, renvoyer dos à dos LFI et les groupuscules
d’extrême droite, et laisser le « ni-ni » faire le reste.
Dans cette
entreprise de diabolisation de la gauche, le ministre de
l’Intérieur n’est pas en reste. Laurent Nuñez assure que « le
lien entre la Jeune Garde et La France insoumise est très fort »,
imputant sans ambiguïté la mort du militant lyonnais au mouvement politique de Jean-Luc Mélenchon. Soucieux sans doute de paraître mesuré, il a
certes évoqué les violences de « l’ultradroite »
mais sans jamais nommer l’extrême droite et ses
responsables politiques semeurs de haine. La Macronie achève sa
mue. Marchepied du Rassemblement national. Par action ou par
omission.

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