On ne peut se
dissimuler la gravité des heures que nous vivons. L’extrême droite devient,
avec la complaisance de la droite et de la Macronie, dont le premier ministre,
la référence morale de la République.
Le président du
Rassemblement national, Jordan Bardella, dans une conférence de
presse, mercredi, a dénoncé « un climat de violence, minutieusement
instauré depuis des années par une partie
de la gauche dont
l’outrance verbale et la stratégie permanente du chaos nourrissent désormais la
violence physique dans nos rues ».
Il ne faut pas
s’y tromper. La France insoumise (LFI) était accusée mardi à l’Assemblée
nationale d’avoir « du sang sur les mains » par le
responsable des députés LR, Laurent Wauquiez, mais c’est toute la
gauche qui est visée. Le quotidien l’Opinion n’hésitait pas,
mercredi, à titrer en une sur son « silence coupable ».
On en voit les
conséquences depuis le début de la semaine avec la
multiplication des menaces contre des élus, des permanences
de LFI attaquées, mais aussi du PCF et d’autres. Ce n’est pas nouveau. Car
c’est à l’extrême droite que la violence est
consubstantielle. Dans son
livre les Tueurs d’extrême droite, paru en 2025, le
journaliste Paul Conge recensait, pour la seule année 2022, cinq meurtres
pouvant être attribués à ses membres.
Des
militants fascistes et identitaires de toute l’Europe vont manifester
samedi à Lyon. Sans doute se trouvera-t-il des plumes pour voir là
l’expression d’une émotion légitime. Mais la naïveté n’est pas de
mise.
Dans cette
période où le néofascisme colore le pouvoir
de la première puissance du monde
et progresse en Europe même, l’extrême droite entend
utiliser avec cynisme tous les leviers possibles pour tenter
d’asseoir une hégémonie, y compris avec les groupes les plus
radicaux, usant à la fois de la banalisation et de l’extrémisme. Le procès
public intenté à LFI et qui s’étend à toute la gauche lui ouvre la voie.

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