La
stigmatisation, l’exclusion, la défiance généralisée envers les étrangers ont
atteint un stade de maturation terrifiant. Aux États-Unis, Donald
Trump et son bras armé de l’ICE en sont le paroxysme. La police de l’immigration sème le
chaos, assassine des citoyens désarmés, interpelle des enfants et la
Maison-Blanche couvre, justifie, insulte ceux qui s’opposent à cette
stratégie du pire.
En France, les
extrêmes droites soutiennent la politique migratoire du président
milliardaire, condensé d’un suprémacisme qu’elles appellent de
leurs vœux. Relayées en masse par des
médias bollorisés, leurs visées
programmatique et idéologique ont pris racine dans une société malade de ses
inégalités. Les plateaux de CNews sont devenus
le déversoir de déclarations abjectes, jamais contredites, trop
rarement condamnées.
C’est sous ces
projecteurs qu’Arno Klarsfeld s’est senti autorisé à souhaiter, « comme fait
Trump avec l’ICE », l’organisation de « grandes rafles un peu
partout », pour « attraper le plus d’étrangers en
situation irrégulière ». L’histoire nous enseigne. Ils
refusent de retenir la leçon.
Il n’est pas là
question d’un simple ressenti. Les politiques gouvernementales sont
au diapason d’une xénophobie galopante, qu’à leur tour elles encouragent. Leurs
effets sont réels, brisant des vies sur le mur du rejet institutionnalisé.
Les chiffres officiels parlent d’eux-mêmes : en 2025, les
interpellations de personnes en situation irrégulière ont augmenté de
30 %.
Les reconduites
à la frontière de près de 16 %. Les régularisations, elles, ont chuté
d’environ 10 %. Pis, Gérald Darmanin,
ex-locataire Place Beauvau aujourd’hui garde des Sceaux, architecte et promoteur des politiques
d’exclusion, appelle au gel de l’immigration sur au moins deux ans.
Qu’il est loin
le temps où Emmanuel Macron louait le labeur des « premières
lignes », travailleurs souvent immigrés, mal rémunérés et déconsidérés qui faisaient,
pendant le Covid, tourner un pays à l’arrêt. Oui, la France a besoin
d’immigration. Elle apporte plus qu’elle ne coûte. Infiniment
plus. À Madrid, on entérine un plan historique de régularisation de
500 000 personnes ; à Paris, on s’inscrit, encore, à rebours de
l’histoire.

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