Traite d’êtres
humains, armes, drogues, contrefaçons… Les activités du crime organisé sont
infinies, parfois insoupçonnables. Leur trafic en or impose un silence
mortifère. Rien ne doit gripper les rouages d’un commerce tentaculaire et
terriblement dangereux pour l’État de droit. Le drame qui accable Amine
Kessaci, victime de la devise mafieuse « plata o plomo » (argent ou
plomb), est un signal d’alarme. Depuis des années, cet écologiste de
22 ans livre un combat titanesque contre le narcotrafic qui dévore Marseille.
L’assassinat en plein jour de son petit frère, Mehdi, visait vraisemblablement
à intimider le militant, déjà placé sous protection policière. « Je ne
me tairai pas », affirme-t-il sans trembler.
Sa dignité et
sa détermination forcent le respect. C’est une réponse implacable aux
commanditaires des meurtres de Mehdi et de son grand frère, Brahim, brûlé vif
dans le coffre d’une voiture il y a cinq ans. Les mots d’Amine appellent une
réponse politique à la hauteur de sa résistance. La marche de ce samedi à
Marseille doit être la première étape d’une lutte fédératrice contre la
criminalité qui gangrène la société.
La lutte contre
le crime organisé qui a proliféré à l’aune de la dérégulation libérale de ces
dernières décennies et la multiplication de places offshore, impose un état des
lieux rigoureux. Sans angélisme ni coups de mentons. La
« narcocratie » prolifère là où l’État a failli.
La captation
des espaces publics par les bandes criminelles s’est accélérée à mesure que les
autorités se sont mises en retrait. Le démantèlement des services publics, au
nom d’une logique comptable, ou encore l’exclusion sociale galopante dans les
cités populaires ont jeté de nombreux jeunes dans la gueule du loup.
L’asphyxie des
collectivités locales, derniers remparts contre la progression du fléau de la
drogue, signe également la mort de la République dans les quartiers.
L’aggiornamento est urgent. Il exige des mesures fortes et qui fassent mal au
portefeuille des mafias, dont l’argent sale fructifie dans les paradis fiscaux.
Du courage donc. Amine Kessaci, lui, en montre beaucoup.

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