Les dirigeants
du monde n’entendent rien faire qui puisse nuire aux profits des
multinationales et cette considération relègue la préservation de la vie même
au dernier rang de leurs préoccupations. La COP30 qui s’est
achevée samedi en Amazonie brésilienne en offre, une fois encore, une consternante démonstration. L’accord conclu
après deux semaines de négociations appelle certes à tripler les financements
pour l’adaptation des pays en développement.
Il célèbre
l’accord de Paris et le consensus de la COP28 à Dubaï. Mais il ne fait aucune
mention explicite de l’indispensable sortie des énergies fossiles et l’action
climatique y est déléguée à l’engagement « volontaire » des
gouvernements, loin du plan d’abord réclamé par plus de 80 pays européens,
latino-américains et insulaires.
Le temps n’est
pourtant plus aux tergiversations ni aux procédés dilatoires. Donald Trump a
beau qualifier le changement climatique de « grande arnaque »,
de « supercherie », une vérité scientifique s’impose à
tous : la combustion du pétrole, du gaz et du charbon provoque un
réchauffement planétaire aux conséquences humaines, sociales et environnementales
déjà cataclysmiques. Dans ces circonstances, le déni, l’inaction, la
promotion de solutions techniques illusoires relèvent de l’inconscience, d’un
aveuglement criminel.
Le
réchauffement déjà observé est irréversible ; le seuil de
+ 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle a été franchi pour la
première fois en 2024. Une action mondiale résolue, coordonnée et contraignante
pour restreindre les émissions des gaz à effet de serre reste toutefois
indispensable pour contenir la hausse des températures en deçà de 2 °C
d’ici à 2100, limiter les dégâts, organiser l’adaptation de l’humanité aux
dégradations en cours et se prémunir d’effets de seuil imprédictibles.
Or, une telle
trajectoire est incompatible avec la perpétuation d’un système économique assis
sur la prédation de la nature, l’exploitation du vivant, la combustion des
énergies fossiles, l’ultraconsumérisme et la circulation effrénée des
marchandises. Avec le profit pour seul horizon, le capitalisme est le premier
obstacle à la transition écologique.

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