jeudi 23 octobre 2025

« Les associations, une variable d’ajustement dans le budget de Lecornu », l’éditorial de Laurent Mouloud.



Le constat est tellement révélateur. D’un côté, au nom de la « compétitivité », le gouvernement verse généreusement des centaines de milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises – sans contrepartie et sans en connaître les effets précis. De l’autre, il rogne peu à peu les budgets consacrés au monde associatif au point que, comme nous le détaillons dans ce numéro, près de 90 000 emplois dans ce secteur sont menacés de disparaître à bas bruit.

Cette gestion des deniers publics résume à merveille la philosophie du macronisme, où le business et l’enrichissement privé priment toujours sur l’intérêt général et l’engagement collectif, sans considération pour le délitement démocratique que cette politique ne manque pas d’entraîner.

Le secteur associatif représente aujourd’hui 1,8 million de salariés, soit près de 10 % de l’emploi privé en France, et 20 millions de bénévoles qui œuvrent dans la culture, le sport, l’insertion professionnelle, la santé, l’éducation… Un maillage local essentiel, complément indispensable à l’action de l’État. Étouffer financièrement cet édifice, c’est obliger les associations à licencier, à augmenter leur prix, à éteindre les bonnes volontés et les initiatives solidaires.

C’est les contraindre à restreindre leurs activités, à creuser les inégalités et l’isolement social alors même que les besoins augmentent sous les coups des crises sanitaires et inflationnistes. C’est prétendre, enfin, faire des économies budgétaires alors que le coût, à moyen et long terme, de cette désaffection se révélera bien plus élevé.

Personne ne doit être naïf. Ce recul global des subventions ne vient pas de nulle part. Il relève d’une stratégie des néolibéraux qui veulent soumettre le monde associatif aux logiques de marchandisation, de concurrence et de rentabilité, et casser la visée collective qui irrigue le secteur. Le combat budgétaire qui s’annonce doit avoir pour objectif d’assurer un financement pérenne. Et d’arrêter de faire des associations une variable d’ajustement austéritaire.

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