La guerre
d’anéantissement à laquelle se livrent les forces coloniales israéliennes dans
la bande de Gaza se joue aussi sur le front de l’information. Depuis deux ans,
l’accès à l’enclave est interdit à la presse étrangère et au moins 223 journalistes
palestiniens ont été assassinés depuis le 7 octobre 2023 – ces homicides intentionnels, ciblés, sont des
crimes de guerre. Les survivants, eux, continuent pour informer le monde
d’accomplir un travail héroïque dans la peur, la faim, l’épuisement.
L’objectif de
ces graves violations de la liberté de la presse ? Le pouvoir israélien espère
réduire au silence toute voix contredisant sa propagande qui déshumanise les
Palestiniens pour fabriquer du consentement au génocide et place le
« droit d’Israël à se défendre », c’est-à-dire à massacrer en toute
impunité des civils, au-dessus de toute légalité internationale.
Peu avant que
le Hamas accepte de libérer les otages et que Donald Trump demande l’arrêt des
bombardements israéliens, une quinzaine de médias internationaux triés sur le
volet ont été autorisés, sous escorte militaire, strictement encadrés par
l’armée israélienne, à accéder au territoire palestinien transformé en champ de
ruines. De telles conditions sont incompatibles avec la réalisation de
reportages indépendants propres à établir les faits et les responsabilités dans cette guerre
génocidaire.
Au même moment,
une vingtaine de journalistes arrêtés au cours de l’interception dans les eaux
internationales des bateaux de la Flottille Global Sumud avec les participants à cette mission humanitaire,
qu’ils couvraient, étaient incarcérés à la prison de Ketziot.
Ce centre de
détention, dans le désert du Neguev, est connu pour les traitements inhumains
et dégradants qu’y subissent les prisonniers palestiniens. Le fasciste Itamar
Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, en a fait le théâtre de ses
infectes mises en scène pour désigner les détenus de la flottille comme des « terroristes »
devant être traités comme tels.
Parmi eux,
notre collègue Émilien Urbach, reporter à l’Humanité. Illégales, sa
capture et sa détention constituent des violations insupportables de la liberté
d’informer. Nous exigeons sa
libération immédiate et son rapatriement dans les plus brefs délais. Alors que se dessine enfin le fragile espoir d’un
cessez-le-feu, nous nous joignons aux voix de journalistes du monde entier qui
demandent le libre accès à la bande de Gaza pour témoigner des crimes contre
l’humanité perpétrés sur cette terre martyre, à huis clos.

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