lundi 6 octobre 2025

« Emmanuel Macron l'irresponsable et le fiasco du gouvernement Lecornu », l’éditorial de Cathy Dos Santos.



Tout ça pour ça, serait-on tenté d’écrire, si la situation politique n’était pas aussi grave, si les Français ne méritaient pas mieux que le spectacle affligeant que renvoient les premiers responsables du pays. Certains doutaient encore de l’ampleur de la déflagration, les voilà servis : la crise de régime est à son paroxysme.

Le troisième gouvernement depuis la dissolution ratée aura duré moins de 15 heures. La Ve République est désormais plus instable que ne le fut la IVe en son temps. La versatilité du socle « commun » plonge les institutions dans un épais brouillard et dans l’incertitude une majorité de nos concitoyens, déjà minés par la peur du lendemain. On voudrait les dégoûter de la politique, on ne s’y prendrait pas autrement. Irresponsable.

Cette impasse politique incombe à Emmanuel Macron, emmuré dans une stratégie perdante, en refusant de nommer un premier ministre issu des rangs de la gauche, au lendemain des législatives anticipées. On le sait, le locataire de l’Élysée souhaitait confier les rênes de Matignon au Rassemblement national, persuadé que le chaos engendré par l’extrême droite au pouvoir lui permettrait de se refaire une virginité.

Trois exécutifs plus tard, avec un projet de budget digne d’une déclaration de guerre antisociale, le clan Le Pen-Bardella se frotte les mains, convaincu qu’il raflera la mise quelle que soit l’option retenue par le président de la République.

Les yeux restent rivés sur la rue du Faubourg-Saint-Honoré ; aucun scénario n’est à écarter dans les prochains jours. Pour l’heure, à la manière d’un jour sans fin, Emmanuel Macron a chargé un Sébastien Lecornu, pourtant cramé, de mener « d’ici mercredi soir d’ultimes négociations » sur une « plateforme d’action ».

Façon pour l’Élysée de masquer cette ultime pantalonnade, en attendant de désigner un nouveau premier ministre sur le mode « ne rien changer pour que rien ne change » mais en faisant la part belle aux « Républicains » qui ont précipité la chute de l’ancien ministre des Armées.

Dans ce paysage dévasté, la gauche a une carte à jouer. À condition de faire corps pour rassembler les femmes et les hommes déterminés à tourner la page de l’austérité défendue par la Macronie, qui fait, à n’en pas douter, le lit de l’extrême droite.

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

MUNICIPALES - ROMAINVILLE : « résistance et innovation » (Robert Clément)

Toujours curieux de prendre connaissance des différents écrits sur la prochaine échéance municipale, une chose m’a frappé. Notre ville viv...