Tiens, on m’a oubliée perdue entre deux pages,
je n’étais qu’une fleur coincée parmi des mots, un petit brin d’amour trouvé
avant l’orage, devenu pour un temps symbolique cadeau. Une main de désir
m’avait cueillie, légère, sur ce talus de mousse où ils étaient assis, et
j’avais entendu leurs chansons, leurs prières, leurs rêves d’avenir et leurs craintes
aussi. J’avais vu ces baisers, ces étreintes, ces gestes, ces yeux qui
s’embuaient d’un trop-plein de bonheur, je ne suis aujourd’hui qu’un peu de
foin qui reste sur la vie moissonnée par les lames du cœur. Alors, je reste là
craintive et sans attrait. Où sont-ils à présent ceux qui m’avaient choisie.
Reste-t-il mon parfum au flacon des regrets, un peu de flamme encore pour
d’autres rêveries. Se promène le temps qui effeuille les roses mais subsiste
toujours un peu de souvenir, une fleur desséchée qu’un jardinier arrose et qui
n’en finit pas de toujours revenir.
vendredi 29 août 2025
FLEUR DESSÉCHÉE
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