mardi 15 juillet 2025

« Budget de la défense : pourquoi Emmanuel Macron doit revenir à la raison », l’éditorial de Cédric Clérin.



Emmanuel Macron a raison de s’inquiéter de la situation du monde. Les conflits se multiplient entre les États, au sein même des territoires, avec de nouveaux acteurs privés et en dehors de tout contrôle politique. Une situation qui devrait alarmer tous les responsables mondiaux.

Mais le monde qui permet cela est un monde dans lequel on augmente les dépenses militaires, qui s’élèvent déjà à 2 700 milliards de dollars, quand l’aide au développement est en baisse, à 211 milliards, soit près de 13 fois moins. C’est un monde où l’augmentation annuelle du budget de la défense de la France annoncée par le président correspond au budget de l’ONU (3 milliards), dont l’ensemble des activités (pour l’enfance, la nutrition, le maintien de la paix, l’alphabétisation, etc.) représente 38 fois moins que les dépenses pour les canons et les avions.

Un monde où le droit international, qui protège les peuples de l’arbitraire et de la loi du plus fort, est bafoué tous les jours avec la complicité de ceux qui exhortent à injecter davantage d’argent dans les armes et rechignent à aider les pays du Sud dans leur transition écologique. Un monde où la justice internationale est humiliée sans que les chefs d’État censés l’appliquer n’y voient rien à redire. C’est ce monde qui produit les insécurités grandissantes.

« La paix est impossible sans justice », disait le prix Nobel Desmond Tutu. Alors comment croire qu’augmenter les dépenses pour faire la guerre tout en baissant celles pour l’éviter pourrait mener à la paix ? Peut-être parce qu’elle n’est plus un but. Si l’Otan, sous la pression de Donald Trump, exige de nouveaux crédits pharaoniques, ce n’est pas pour éviter la guerre, mais pour pouvoir la mener au profit de quelques-uns.

En France, les conséquences sociales d’un budget de la défense à 100 milliards à terme seraient désastreuses. Tout comme il serait désastreux à l’échelle mondiale d’assécher les budgets mutualisés pour la paix, la coopération et la lutte contre le changement climatique. « Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre », disait Jean Jaurès. Il est encore temps de revenir à la raison.

 

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