Mais où va le
gouvernement Bayrou ? Après avoir imposé, par un nouveau 49.3, un budget
dégradé, copier-coller de celui de Barnier et en jouant sur les peurs –
« La France a besoin d’un budget… même mauvais » –, ce
gouvernement déroule une politique à faire pâlir de jalousie l’extrême droite.
En plus de mentir éhontément devant la représentation nationale sur sa connaissance des crimes sexuels
perpétrés à l’école Bétharram, le premier ministre veut imposer un
agenda politique inquiétant.
Alors que
Mayotte est encore à terre, soufflée par le cyclone Chido, qu’aucun euro n’est
encore arrivé pour la reconstruction, ce gouvernement donne son feu vert à
l’Assemblée nationale pour remettre en cause le droit du sol.
Ceux qui se proclament sans cesse de la République et de son arc, pour mieux en
exclure des forces progressistes, touchent donc à un de ses éléments
fondateurs.
En s’asseyant
sur les principes d’indivisibilité de la République et d’égalité devant la loi,
en introduisant une discrimination fondée sur l’origine, totalement contraire à
l’article Ier de la Constitution, le gouvernement franchit un
nouveau cap et laisse planer le projet d’une réforme constitutionnelle plus
globale sur le droit du sol. Car, après Mayotte, ce sera au tour de la
Guyane puis, en réalité, de l’ensemble du territoire. Même le ministre des
Outre-Mer, Manuel Valls, s’en inquiète. C’est dire la dérive ! Comment
interpréter cette reprise d’une marotte de l’extrême droite tout en pensant
l’étouffer ?
Nous vivons un
basculement, ici, en France, avec un gouvernement libéral qui prépare les
esprits à l’arrivée de l’extrême droite.
Le « socle
commun » (macronistes, LR et affiliés) commet non seulement une grave
erreur mais agit avec une lâcheté sans nom qui légitime l’arrivée au pouvoir de
l’extrême droite. Les projets de réforme sur la justice des mineurs qui veulent
en finir avec l’excuse de minorité, ou encore le projet de loi agricole qui, au nom
de la simplification, élude l’enjeu environnemental, sont de cet
acabit. À chaque fois, les droites permettent à l’extrême droite de
valider ses thèses. Et, à la fin, ce seront eux qui avaleront le socle commun
et s’empareront du pouvoir.
Refuser de voir
cela est une erreur politique. Ce mouvement est mondial. Le monde de la tech,
pointe avancée du capital le plus radicalisé, a choisi de favoriser les
extrêmes droites partout sur la planète pour remodeler la géopolitique
mondiale. L’Amérique de Musk exige de Trump
qu’il annexe le Groenland et partage l’Ukraine, pour mettre la main sur les
métaux précieux et les terres rares, pour envoyer SpaceX sur Mars. Leur
vérité alternative est propulsée par de puissants algorithmes ou des médias
amis.
Et gare à ceux
qui se mettront à travers leur chemin. Il y a vingt ans, Bush alimentait
la théorie de l’axe du mal pour mener des guerres en Irak et en
Afghanistan. Le vice-président américain est venu rappeler aux peuples
européens que s’ils n’adhéraient pas à la grande alliance des réactionnaires,
alors ils seraient considérés comme des ennemis de la « liberté
d’expression », et donc de la liberté.
Nous vivons un
basculement, ici, en France, avec un gouvernement libéral qui ne s’appuie sur
aucune légitimité populaire et qui prépare les esprits à l’arrivée de l’extrême
droite qui, elle-même se trouve dans une accélération de l’histoire au niveau
mondial. Il est temps que les forces de gauche et de l’écologie ripostent
ensemble, dans le dialogue et non dans l’invective et les outrages. L’enjeu est
trop grand. Il faut recréer l’espoir d’un projet porteur de rupture et de
changement majeur pour la vie de milliers de travailleurs et travailleuses, basé
sur le partage des pouvoirs, des savoirs et des richesses pour plus de justice
sociale, l’écologie et la paix.

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