Habemus papam, nous avons un pape. Dix ans déjà.
Après cinq tours de scrutin la fumée blanche consacrait le pape argentin
Bergoglio. Jean-Paul II et Benoit XVI avaient résisté de leur mieux
aux tropismes progressistes dans l’Église. Venu d’un continent marqué par les
théologies de la libération, François, quand bien même il n’en était pas partie
prenante, promettait « une église pauvre parmi les pauvres ». Ses prises de position à Lampedusa sur l’accueil des
migrants, ses dénonciations des abus de la richesse et du capitalisme ont
désorienté une part de la curie et les catholiques conservateurs, inquiets de
quelques signes d’ouverture sur les questions sociétales mais sans apporter de
véritables réponses. Prudence, prudence ou convictions. On ne sait pas trop.
Toujours est-il qu’il désavoue désormais l’Église allemande qui entend s’ouvrir
davantage aux femmes, aux couples homosexuels, aux divorcés ou au réexamen du
célibat des prêtres. Là-dessus, peut-être, Voltaire avait-il raison, « le pape est une idole à qui on lie les mains et à qui on baise les pieds ».
mardi 14 mars 2023
« Pieds et mains », le billet de Maurice Ulrich.
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