Ceux
qui jouent de nos cœurs et nous crient des je t’aime. Ceux que nous aimions
trop et qui se sont sauvés. Ceux qui croient que la vie c’est toujours un
poème. Ceux qui n’écrivent pas car trop mal emplumés. Ceux qui en font beaucoup
mais n’en ont rien à faire. Ceux que l’on voit partout mais qui ne nous voient
pas. Ceux qui sont loin devant quand on les croit derrière. Ceux qui voudraient
rester et qui s’en vont déjà. Ceux qu’on rêve parfois de jeter au ruisseau, ceux
qui nagent si bien qu’ils rejoindraient la rive, ceux qui depuis longtemps
n’ont plus le goût de l’eau, ceux que l’on voit pourtant partir à la dérive. Ceux
qui pensent à nous quand leur compte est en manque. Ceux qui crient le meilleur
et qui pensent le pire. Ceux qui auraient envie de piller une banque, ceux qui
n’oseront pas de peur de réussir. Ceux-là, mais oui ceux-là qu’on croise chaque
jour, à chaque coin de rue sans y faire attention. Ceux qui le plus souvent ne
font qu’un petit tour, nous voulons aujourd’hui leur offrir notre chanson. Quelques
notes laissées sur un piano bancal, improbable destin pour unique bagage, dans
l’odeur de fumée, quand s’achève le bal, nous les saluons bien bas, ces frères
de voyage.
mercredi 23 novembre 2022
« Frères de voyage »
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